Programme janvier 2017

Cycle Claude Chabrol

Le programme de la cinémathèque de janvier est consacré à un de nos plus grands  et prolifiques cinéastes : Claude Chabrol.

Même si l’histoire du “marmot-cinéaste” selon laquelle Claude Chabrol, réfugié pendant la guerre chez sa grand-mère à Sardent dans la Creuse, aurait créé et animé, à onze ans, un cinéma, est une fable, entretenue par Chabrol lui même, elle montre à quel point le cinéma a été toute sa vie.

Il fait bien sûr d’abord partie de la nouvelle vague et des Cahiers du Cinéma, où il cotoie Truffaut et Rivette dans les années soixante. Par la suite il se livrera à une critique acide et drôle de la bourgeoisie dans les années soixante-dix dont son épouse, Stéphane Audran est la formidable interprête aux cotés de Michel Bouquet ou Jean Yanne. Puis, rencontre avec sa dernière actrice fétiche, Isabelle Huppert, pour un série de films dans lesquels il abordera tous les sujets et genres, politique, policier, adaptation d’oeuvres littéraires ou encore historique. Un grand monsieur du cinéma français qui disparaîtra en 2010 à l’âge de quatre-vingts ans, ayant réalisé une soixante de films. Chabrol reçoit, pour l'ensemble de son œuvre cinématographique, le prix René Clair de l'Académie Française en 2005, la Caméra d'or de la Berlinale de 2009 et le Grand prix 2010 de la SACD.

Mardi 3 janvier, 19:00 heures, “La Cérémonie”, (1995)

Avec Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire et Jean-Pierre Cassel. Adaptation du roman, L’Analphabète, de Ruth Rendell, mais aussi très inspiré des Bonnes de Jean Genet, la Cérémonie est une comédie satirique et sanglante sur la bourgeoisie de province. Fantastique interprétation du couple Bonnaire-Huppert, chaque minute du film est lourde d’angoisse et annonce le drame final.

Ton plus léger mais grinçant, “l’inspecteur Lavardin”, (1986) sera projeté le mardi 10 janvier à 19:00 heures. Le repas familial d'un écrivain catholique, Raoul Mons, est interrompu par une délégation de la ville qui veut faire interdire une pièce de théâtre blasphématoire. Il promet de s'en occuper. La pièce n'aura pas lieu. Peu de temps après, Raoul Mons est retrouvé mort, nu, sur la plage. L'Inspecteur Lavardin est appelé sur les lieux. Il va enquêter. Brillamment interprété par Jean Poiret, avec Jean-Claude Brialy et Bernadette Lafont, L’inspecteur lavardin montre à quel point Chabrol excelle dans le genre policier.

Mardi 17 janvier à 19 heures, “Merci pour le chocolat”, (2000)

Mika Muller, PDG des chocolats Muller, jouée par Isabelle Huppert et son mari, André Polonski,  pianiste virtuose, interprété par Jacques Dutronc, vivent à Lausanne, en Suisse. Jeanne Pollet, une jeune fille qui prépare le grand concours international de piano de Budapest, prend des cours d’interprétation chez et avec André Polonski. A la recherche de ses origines et d'un mentor, l'ambitieuse débutante tente de s'approcher du maître. Cette intrusion va ébranler l'édifice familial. “Merci pour le chocolat” a reçu le prestigieux prix Louis Deluc en 2000. “Jamais peut-être Chabrol n'a été aussi près de son père et modèle, Alfred Hitchcock” (Le Figaro Magazine).

Le Mardi 24 janvier à 19:00 heures, “Le beau Serge” (1958)

Attention chef d’oeuvre! Avec Jean-Claude Brialy, Bernadette Lafont et Gérard Blain, “Le beau Serge" est le premier film de Claude Chabrol. Tourné sur un des lieux de son enfance, à Sardent dans la Creuse, ce premier film fondateur de la Nouvelle Vague est un chef d’oeuvre absolu. Amours impossibles, passions, drogues, violence des sentiments, tout y est dit. Le beau Serge a reçu le prix Jean Vigo en 1959 et le prix du meilleur réalisateur au festival international de films de Locarno en 1958.

Mardi 31 janvier, à 19:00 heures, “L’Enfer”, (1994)

Scenario de Henri-Georges Clouzot, avec Emmanuelle Béart, François Cluzet et Marc Lavoine. Drame de la jalousie de Paul à qui tout semble sourire, et qui épouse Nelly, une femme magnifique. Convaincu qu’elle le trompe, sa jalousie le mènera à la folie. Trente ans plus tôt, Henri-Georges Clouzot commençait ce même film avec Romy Schneider et Serge Reggiani sans pouvoir le terminer. Le scenario sera repris par Chabrol. Servi par une interprétation magistrale des deux acteurs principaux, sans doute un des plus beaux rôle d’Emmanuelle Béart, Chabrol traite avec maestria de ce thème éternel.