Cycle grands cinéastes

Jean-Pierre Melville

« Le métier du cinéma n'est comparable à aucun autre. (...) Chaque film est un prototype. (...) l'effort de création, de tournage, de distribution et d'exploitation d'un film demeurera un risque total. C'est le métier le plus dangereux du monde. » 
Jean-Pierre Melville, entretien avec Michel Mardore, Candide n°205, 29 mars 1965 

Jean-Pierre Grumbach, dit Jean-Pierre Melville, est né le 20 octobre 1917 à Paris et mort le 2 août 1973 à Paris. Résistant pendant la seconde guerre mondiale, il part rejoindre la France Libre à Londres en 1942. Passionné par la culture et le cinéma américain, il prend Melville comme nom de résistance en hommage à l'écrivain Herman Melville. Farouchement indépendant, il se voulait inclassable et hors de tout mouvement cinématographique. Sa façon personnelle et indépendante de tourner lui vaudra pourtant d’être considéré comme le père de la Nouvelle vague, paternité qu’il refusera avec énergie. Il crée ses propres studios, qui seront détruits par un incendie. Connu pour son mauvais caractère, tantôt chaleureux, tantôt froid et brutal, il se fâche avec beaucoup de ses acteurs et collaborateurs. 

Beaucoup de ses films sont devenus des grands classiques du cinéma. En 1970, il réalise “Le Cercle rouge”, que nous avons montré au mois de juin de l’année dernière, film qui reste son plus grand succès et qui a été acclamé de façon presque unanime par la critique à sa sortie. Ses films sont hantés par la solitude, la peur et la mort. Il consacre une trilogie à la période de l’occupation, “Le Silence de la mer”, “l’Armée des ombres” et “Léon Morin, prêtre”. Ce sont deux des films de cette trilogie que nous avons choisi de vous montrer.