Éric Fottorino

Vendredi 14 juin 2019

Élégance, gentillesse, humilité, Éric Fottorino nous a charmé et ému par sa sincérité et captivé par son intelligence. La première partie de notre entretien était consacrée au pari fait après son départ du journal Le Monde en 2011 de redonner au journal papier ses lettres de noblesse. Pari réussi avec tout d’abord Le 1, un hebdomadaire grand format, Une page, un thème et une heure pour tout lire. Puis ce sera la revue America créée au printemps 2017 avec François Busnel. America raconte les États Unis de Donald Trump par la voix des plus grands écrivains, journalistes et intellectuels américains. Puis un nouveau trimestriel, Zadig, lancé il y a quelques mois et dont la vocation sera de nous montrer la « vraie » France, une France assez éloignée de la « Start-up » France du président Macron.

La deuxième partie de notre entretien était consacrée à ses sept romans et récits dédiés à son histoire personnelle. Une histoire qu’il raconte parfois en faisant appel à la fiction, réinventant noms propres et lieux et parfois en nous disant sa véritable histoire. De Rochelle, paru en 1991, à Dix-Sept ans, publié l’année dernière, Éric Fottorino cherche à comprendre qui il est, d’où il vient. Dans cette recherche identitaire, souvent douloureuse mais salutaire, il y a bien sûr une quête de reconnaissance. Reconnaissance d’un père qu’il ne connaitra vraiment qu’au crépuscule de sa vie et d’une mère qu’il parvient à mieux comprendre à la suite d’une révélation bouleversante. Cette quête, grâce à l’écriture sensible et fluide d’Éric Fottorino, devient naturellement et sans effort la nôtre. C’est en cela que ce roman familial est si touchant, Éric Fottorino nous raconte des histoires simples, profondes et universelles qui sont les nôtres et qui nous fascinent.