Phlippe Claudel

Samedi 22 septembre 2018

Philippe Claudel, qui la veille était reçu par L'université d'Amsterdam où il donnait une conférence, est venu nous parler de son dernier livre, L'Archipel du chien. Dystopie au ton sombre, Philippe Claudel renoue ici avec le style narratif des Âmes grises ou du Rapport de Brodeck mais en se départant néanmoins des canons du roman classique.

« J’ai imaginé L’Archipel du Chien comme un roman de mystère, un récit haletant et oppressant, une épopée moderne sur une communauté d’hommes, bousculée dans sa tranquillité par un événement extraordinaire, qui se trouve alors face à des choix qui vont révéler sa nature profonde, sa petitesse et son égoïsme. » Philippe Claudel

Plus qu’un roman, l’Archipel du Chien est une parabole puissante, une fable, qui a pour cadre une île imaginaire. Philippe Claudel nous donne à lire un conte envoûtant et puissant, une tragédie antique, un texte intemporel.

Répondant aux questions de Pierre-Pascal Bruneau, libraire du Temps Retrouvé,  Philippe Claudel a réaffirmé sa vision noire de la nature humaine. Il a aussi parlé du rôle important que l'écrivain doit avoir, en contre-point du déluge d'informations déversées par le journalisme d'aujourd'hui, produites dans l'instant et de moins en moins réfléchies. "Petit caillou dans la chaussure" Philippe Claudel assigne à l'écrivain un rôle d'alerte.

"Vous convoitez l'or et répandez la cendre (...) Comment les siècles futurs jugeront-ils notre temps ? "

Philippe Claudel nous alerte des dangers du rejet de "l'autre", de "l'étranger", celui là même qui, apportant son sang neuf aux sociétés anciennes et sclérosées, les a de tous temps et sous toutes les latitudes, sauvées de la destruction.